Mis en avant

Mon rêve américain.

New-York City

La détermination fera la différence entre toi et quelqu’un d’autre.

Je ne vais pas vous cacher que ça n’a pas été facile au début. Trouver un stage, un logement, partir de son pays pour un lieu que tu ne connais pas et surtout où tu ne connais personne. Je ne suis pas partie avec une organisation donc j’ai dû me débrouiller seule de A à Z. 

Première étape: le stage

Pour trouver mon stage, j’ai commencé par chercher sur internet des agences événementielles à New-York. D’ailleurs, depuis que je suis ici, Google me propose beaucoup plus d’agences. J’ai envoyé ma lettre de motivation et mon CV à plus d’une vingtaine d’entreprises. Nombre de réponses : 0. C’était très frustrant, j’aurais voulu que l’on me réponde, même si la réponse était négative. Je voulais juste avoir l’impression d’être entendue.

Contacter les agences : ECHEC

J’ai donc été voir mes professeurs et je leur ai demandé s’ils avaient des contacts à New-York. Certains avaient des contacts aux USA, mais pas à New-York. J’ai quand même pris les informations, au cas où. Il ne faut pas faire la fine bouche, Houston et Los Angeles c’est cool aussi. 

Parler avec mes professeurs : SATISFAISANT.

Mais malgré tout, c’était New-York mon rêve pas une autre ville, donc j’ai continué les recherches ! J’ai trouvé une page sur Facebook, Les Frenchy à New-York. J’ai contacté une fille qui avait un stage là-bas, elle m’a expliqué qu’il existait de nombreuses agences de placement. Ces agences ont pour but de fournir une liste avec des offres de stage dans de nombreux pays. J’ai été voir le site internet de My Internship Abroad, j’ai défini mes critères de recherche et j’ai trouvé plusieurs annonces intéressantes. Il existe d’autres agences comme Parenthèse, que je ne connais que de nom, par conséquent, je ne peux pas vous en dire plus. Ces agences sont payantes, il ne faut pas rêver. Sur My Internship Abroad, ils proposent également du Volontariat International en Entreprise (V.I.E.) En une semaine, j’ai eu une interview avec le fondateur de la Fashion Week Brooklyn, le soir même, il m’annonçait que j’étais retenue et qu’il m’engageait. J’étais aux anges, ça y est, je partais à New-York ! 

Agence de placement : GRANDE RÉUSSITE !

Deuxième étape : le visa

Mon agence m’a aidé à obtenir un sponsor pour mon stage. Le sponsor permet l’obtention du Visa. Mon sponsor est Intrax Global Internships, si vous avez un stage ou un job, et que vous cherchez un sponsor, je vous le recommande. Le suivi est très bon, suivi mensuel, assurance santé et ils sont très réactifs lorsque j’ai eu des questions. Mon type de visa est un Visa J1, visa pour les étudiants en stage. Une fois que tout est en ordre avec le sponsor, il faut se rendre à l’ambassade américaine la plus proche. Celle de Bruxelles est incroyable, car le délai d’obtention d’un rendez-vous est très court, 1 à 2 jours, en comparaison à Paris, où le délai se compte en semaines. Mon rendez-vous était fixé, mais la veille, j’ai oublié mon passeport quand je suis retournée à Louvain-la-Neuve, la ville dans laquelle j’étudie et je n’avais pas le temps de faire l’aller-retour jusque chez moi pour le récupérer avant mon rendez-vous. Résultat des courses, j’ai dû annuler et j’ai reporté, c’est très simple et sans répercussions. J’avais très peur de ne pas pouvoir me représenter et que mon dossier soit refusé. Mais sincèrement, je n’ai eu aucun problème.

Troisième étape : le logement

Catastrophe nationale cette étape ! Je cherchais un logement dans Brooklyn, car Manhattan était hors budget. Mon amie qui vit à New-York qui m’avait conseillé de regarder sur la page Facebook Gypsy Housing. J’ai cherché tout l’été sans trouver un logement à mon goût. J’étais à une semaine de mon départ, je me voyais déjà dormir sous le pont de Brooklyn, quand j’en ai enfin trouvé un, le BON avec les colocataires de rêve. C’est là que les problèmes ont commencé. Je devais avoir un credit score (nombre évaluant votre solvabilité). Ce credit score est attribué aux Américains, autrement dit, je n’en avais pas et je ne pouvais pas en avoir. Je devais alors trouver une personne américaine qui se porterait garant pour moi. Je ne pouvais pas demander à mon amie, car le salaire annuel demandé pour être un garant est insensé. L’agence de location m’a mise en lien avec une agence de garant (encore payante), j’ai fait toutes les démarches, mais l’agence de garant me demandait si mes colocataires avaient payé et si elles étaient aussi dans cette agence. J’ai alors demander à l’agence immobilière de les contacter et d’expliquer que je faisais une demande seule et pas en groupe. Il s’est avéré que c’était une erreur de la part de mon agent immobilier, que les garants ne garantissaient pas une personne, mais toutes les personnes de l’appartement. J’ai donc perdu mes derniers jours à faire des démarches qui n’ont menées à rien, car j’ai perdu l’appartement, à cause d’une erreur. Heureusement, je n’avais rien payé.

Mon maître de stage a alors voulu m’aider, il m’a mis en contact avec une personne qui louait un appartement. Nous sommes à la veille de mon départ et je ne sais même pas où je vais vivre. Plus le choix, j’accepte, je planifie la visite le jour de mon arrivée, mais je n’ai toujours pas vu l’appartement, je me base sur le fait que mon maître de stage m’a recommandé cette femme.

Heure fatidique, j’arrive dans la rue de mon immeuble, j’avais envie de pleurer. Un quartier pauvre où je ne me sentais pas à l’aise du tout ! Je sors quand même du taxi avec ma maman qui m’accompagnait, l’immeuble est miteux. La femme n’est pas là, la voisine qui nous a accueilli nous dit de laisser les valises dans le couloir et d’attendre au café. Évidemment, jamais je n’aurai laissé mes valises dans le couloir où n’importe qui aurait pu les prendre. En sortant pour aller au café du coin (très sympa heureusement), un énorme rat sort de l’immeuble et passe devant nous. C’est trop ! J’étais là depuis 30 minutes et je vivais un cauchemar. Nous sommes allées au café, j’ai appelé la femme pour annuler la visite pendant que ma maman réservait un hôtel.

J+1, je suis à New-York, je ne sais toujours pas où vivre, par chance, j’ai vu une annonce d’un appartement à visiter entre 11h et 14h. Je réponds à la fille qui me dit que les visites sont libres et que je peux venir quand je veux, l’appartement est canon et pas cher, c’est ma chance. Je suis arrivée à 10h30, elle m’a fait visiter en avance, coup de cœur, je lui dis que je le prends. Heureusement que j’étais en avance, 5 minutes après moi (en avance aussi) une fille arrivait et le voulait aussi. J’ai emménagé le lendemain et je vis toujours dans cet appartement ! Mes colocataires sont supers, ma chambre est très grande et je me sens bien dans mon quartier !

Heureusement pour moi, cette histoire finie bien, mais j’étais dépitée en arrivant. Je suis tombée malade le jour du départ (fièvre, …) dans l’avion, j’avais 3 couvertures et je tremblais toujours de froid, je mourrais de chaud la nuit, j’étais en transpiration, je ne suis jamais malade comme ça. Un état de fatigue intense, en gros mon corps ne supportait pas le départ alors me retrouver sans appartement, c’était trop. Je remercie encore ma maman qui était là pour me soutenir, sans qui ça n’aurait pas été si facile. En tous cas, ne baissez jamais les bras !

Suivez mes quelques conseils ci-dessous et vous éviterez ce genre de situation :

  • N’acceptez pas un appartement qui demande un credit score ou un garant, passez au suivant
  • Demandez des photos
  • Discutez avec vos futurs colocataires, un appartement de rêve avec des gens que vous détestez, ce n’est pas génial non plus.
  • Ne signez pas un bail d’un an si vous ne restez que quelques mois, prendre la durée nécessaire ou du mois par mois (comme moi)
  • Cherchez sur Gypsy Housing
  • Cherchez suffisamment à l’avance
  • Être patient, vous trouverez !

Dernière étape : Vivre le rêve !

Il y a une chose dont il faut vraiment prendre conscience. La chance vous la créez-vous même. Je reçois beaucoup de messages et j’entends souvent dire « Tu as de la chance de vivre ce que tu vis, profites ». Non non non… Ce n’est pas de la chance ça. On appelle ça sortir de sa zone de confort. Je suis partie vivre à NY seule et je vis ici parce que j’ai eu le courage de le faire. J’ai de la chance d’avoir des parents qui me soutiennent, ça oui ! Mais les rencontres que je fais ne se produisent que parce que je vais parfois seule à des événements. Je prends sur moi et je fais comme si j’étais à l’aise. Je m’en fous d’avoir l’air « bête » d’être seule. Je vais vers les gens et j’engage la conversation. Être d’une autre culture est un énorme atout, 90% de mes conversations commencent par « J’adore ton accent d’où viens-tu ? »  Et c’est parti, j’explique que je suis belge et ce que je fais. Sortir de sa zone de confort, c’est se créer de la « chance ». Chaque personne que vous allez rencontrer est une nouvelle opportunité de vivre quelque chose d’incroyable. 

Je suis une personne extrêmement déterminée, ce qui est grâce à ma maman qui m’a toujours dit « La détermination fera la différence entre toi et quelqu’un d’autre ». Cette force m’a permis de me lancer dans cette aventure et de partir 6mois faire mon stage à l’étranger. Depuis toute petite, je disais que je vivrai à New-York, c’est une grande fierté personnelle d’être allé jusqu’au bout des choses.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à vivre à fond, profiter de chaque instant et saisir toutes les opportunités.

XOXO! 💋

Fashion Week Brooklyn

Une aventure spéciale, une aventure que je n’oublierai jamais. Ma première Fashion Week. Rick, mon maître de stage, m’a dit de passer le casting pour défiler. Le jury était composé des designers. Ils sélectionnaient les modèles qu’ils souhaitaient voir défiler avec leurs vêtements. Je n’étais donc pas choisie parce que je travaillais là, mais parce que les designers m’avaient choisie. J’ai passé le casting au même titre qu’un autre modèle.

J’ai été sélectionnée par plusieurs designers. Je n’aurais jamais pu imaginer ça, je pensais que personne ne me choisirait et que je faisais ça juste pour le fun. Je n’en revenais pas ! J’étais là depuis 1 mois. C’était donc ça New-York ! 

10 Octobre

J’ai défilé pour Indigo Style, boutique de vêtements vintage. Je portais une veste en fausse fourrure blanche, avec un chemisier blanc légèrement transparent avec des détails en dentelles, un pantalon patte d’éléphant (évasé en bas) en jeans bleu et des chaussures à plateformes imprimées pythons.

BACKSTAGE :
La desginer nous brief sur la façon de défiler.

11 Octobre

Hello Africa Fashion, un jour dédié aux designers venant d’Afrique. Le jour du casting, j’étais sur un événement, je ne devais donc pas défiler. Je devais aider et travailler sur l’événement. Mais deux designers avaient besoin d’un modèle supplémentaire, Rick est donc venu me demander si je pouvais défiler pour eux. 

Ni une, ni deux, me voilà en train de défiler… encore !

Pour la marque Mabel Black, je portais un pantalon imprimé, un top noir dos nu et des boucles d’oreilles en bois. Je n’avais pas mes talons, car je n’étais pas censée défiler. Alors les deux stylistes m’ont dit de porter mes baskets pour donner un côté casual à la tenue. J’ai été maquillée avec un style tribal, on peut voir les petits points blancs le long de mon nez. J’adore la façon dont ils ont coiffé ma frange, hyper bombée et ça n’a pas bougé de toute la soirée. Quand j’essaye de faire ça, en général la durée de ma coupe de cheveux est de 2 minutes.

Designer : Mabel Black
Photo by Solwazi

Ensuite, j’ai défilé pour Rorisang. Pour la petite histoire, le pantalon était beaucoup trop petit pour moi, donc il n’était pas fermé à l’arrière. On Pouvait totalement voir mes fesses. Évidement, la veste étant assez longue, elle cachait le matériel. Mais j’ai quand même pris des photos souvenirs, car c’était trop drôle! J’étais tellement stressée, j’avais peur que l’on voit quelque chose. Et cette fois, une amie qui défilait avant moi m’a prêté ses talons.

Model walks runway in an outfit from the Rorisang Ratsui collection at Cope NYC, on October 11, 2019, during Fashion Week Brooklyn Spring Summer 2020. Photo by Solwazi

Octobre 12

Dernier jour de cette belle aventure. J’ai défilé pour deux designers extraordinaire, ce sont deux belles personnes que je respecte et avec qui j’ai vraiment créé une relation. J’en garde de merveilleux souvenirs.

Le premier, Kortney Williams, pour sa marque Foraign. Il a envoyé à tous ses modèles l’explication du nom de sa marque. Je me suis évidemment totalement retrouvée dedans, car « foreign » veut dire étranger, ce que je suis à New-York. Et lui, c’est « foraign » qui signifie citoyen du monde, familier et à l’aise avec différentes cultures. Cette définition, c’est celle dans laquelle je me sens le mieux, je ne me suis jamais sentie défini par ma nationalité belge. Je suis une citoyenne du monde. 

J’ai porté deux tenues dans le même show. Nous défilons toujours un part un, ensuite nous revenons tous ensemble et le designer clôture la marche. J’ai défilé en numéro 3 et en numéro 13, ensuite je suis revenue avec tout le monde. J’étais la seule à devoir me changer, quel honneur d’être choisie pour porter 2 tenues d’un même designer. Mais quel stress, j’avais évidemment deux stylistes pour m’aider à enlever tout et à vite mettre la deuxième tenue.

J’ai porté une robe rouge à manches longues, échancrée sur le coté avec une ouverture devant donnant l’illusion que c’est un top et une jupe, laissant apparaître le dessous de la poitrine. La deuxième tenue, était une combinaison short avec des larges poches et une tirette sur le devant.

First outfit by Foraign
Photo by Azikiwe
Model walks runway in an outfit from the Foraign Spring Summer 2020 collection by Kortney Williams at Cope NYC, on October 12, 2019, during Fashion Week Brooklyn Spring Summer 2020. Photo by Shawn Punch
Second outfit by Foraign
Photo by Shawn Punch

Enfin, je termine cette Fashion Week avec une robe théâtrale du designer Alexander King Chen. Il créé des tenues qui sont portées dans des films, pièces ou clip vidéo. Sa collection [RONIN 15] raconte une histoire. Chaque modèle jouait un rôle, nous étions les 15 qui allions sauver le Japon de la destruction, j’étais l’oracle. J’avais du faux sang sur le visage et sur les mains (je ne vous dis pas la galère pour enlever ça après), un chapeau à plume, un collier, des manchettes, un kimono noir, un short en cuir noir et des cuissardes noires. Une tenue bien chargée quoi!

Le show était le plus compliqué et le plus chargé nous étions 6 en même temps sur le catwalk. Nous devions nous croiser et marcher tous en synchronisation, pour nous arrêter en même temps et faire nos poses aux 6 endroits différents. Autant vous dire qu’il en a jeté plein la vue à tout le monde.

Photo by Shawn Punch
Photo by Shawn Punch
Designer Alexander Chen poses with models for the close of his Alexander King Chen collection fashion show at Cope NYC, on October 12, 2019, during Fashion Week Brooklyn Spring Summer 2020. Photo by Shawn Punch

J’ai rencontré des personnes incroyables et je me suis fait des amis durant cette semaine. J’ai appris énormément sur le monde de la mode et l’envers du décor et sur l’événementiel dans la mode.

Une aventure qui se termine bien !

XOXO 💋

Pour tout savoir sur la Fashion Week Brooklyn, je vous invite à vous rendre sur le site https://www.fashionweekbrooklyn.com ou à suivre le compte instagram @fashionweekbrooklyn